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Montpellier : Saurel se lâche en plein conseil, pensant son micro coupé - Infos Direct News Politique Terrorisme Finance
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Publié par Mickael Zhekoo

Hors micro, le président Philippe Saurel a fustigé les maires des communes de la Métropole lors du dernier conseil.

L'information a circulé avant même la fin du conseil de métropole, mercredi soir. La séance a démarré depuis deux heures ; les élus sont en train de voter à bulletin secret. Ils élisent un nouveau vice-président en lieu et place d'Isabelle Gianiel, conseillère de Pérols, démise de ses fonctions (notre édition d'hier). La quasi-totalité des maires de Montpellier Méditerranée Métropole (3M) et quelques vice-présidents viennent de s'abstenir dans la manœuvre. Le maire de la même commune, Jean-Pierre Rico, avec qui elle est en conflit, postule à son remplacement.

À la tribune du conseil, Philippe Saurel se penche alors vers sa première vice-présidente, Catherine Dardé. Le micro n'est pas coupé, l'échange est audible sur l'enregistrement vidéo. "Je suis libéré sur le pacte de confiance des maires, lâche le président sèchement. Maintenant, je vais faire ce que je veux."L'élue lui répond : "Dès qu'il y a une difficulté, ils ne tiennent pas." Philippe Saurel poursuit l'air goguenard en s'adressant à son directeur général des services, Christian Fina : "C'est fini, ils m'ont donné les pleins pouvoirs. Ils sont fous." Deux minutes plus tard, il se tourne à nouveau vers son DGS : "Ce soir, il faut les fatiguer, les user… Je vais leur faire sept heures de conseil, je vais les tuer."Depuis, la vidéo circule dans le petit monde politique local.

L'opposition réagit

Le plus prompt à réagir a été le Montpelliérain Alex Larue : "Tuer… même si c'est une métaphore, ça en dit long sur la conception de la politique de Philippe Saurel, le dédain qu'il porte aux conseillers de la Métropole et au débat, estime l'opposant du Parti Républicain le plus actif ces dernières semaines. Le pacte de confiance des maires est présenté depuis le début du mandat comme la pierre angulaire du fonctionnement de 3M. Aujourd'hui, se pose sérieusement la question de confiance sur la méthode de gouvernance."Hier, Philippe Saurel a confirmé ses propos et même enfoncé le clou. "Les maires ont marché sur le pacte. Ils l'ont renié. Le vote de la séance le montre. Notre collectif est bâti dessus, il donne au maire la primauté de la représentation communale. Mes propos n'ont pas été tenus sous le coup de la colère. Ce que j'ai fait pour Monsieur Rico, je l'aurais fait pour n'importe quel maire.

"C'est du "tir au pigeon"

Visé car abstentionniste, le "métropolitain convaincu" Cyril Meunier, maire de Lattes, tente de minorer l'incident. "Philippe Saurel aurait voulu que l'on soit tous unis comme un seul homme. Ce vote n'a rien à voir avec le pacte de confiance. C'est ce pacte qui fait qu'il est président de la collectivité. Pourquoi voudrait-il le casser ?"

Le maire de Jacou, Renaud Calvat, socialiste, vice-président culture au Département (donc lancé dans une négociation serrée au sujet du transfert de la compétence culture entre les deux institutions), volerait presque, lui aussi, au secours de Saurel. "La sérénité va l'emporter, je n'ai aucun doute. Et puis Jean-Pierre Rico a été élu me semble-t-il ?"

Toujours à l'ouest de la Métropole, d'autres élus sont moins amènes. "C'est du tir au pigeon, il regarde qui obtient le plus ou le moins de voix", est déçu un maire, sous couvert d'anonymat. Un autre : "Si Philippe Saurel estime que les maires ont rompu le pacte de confiance, que dire des vice-présidents délégués qui se sont abstenus. C'est bien lui qui leur a attribué des délégations ?"La réponse du président de 3M n'a pas tardé : "Je vais revoir mon exécutif." Une citation, presque un proverbe, résumerait ce conseil sous tension : "La confiance n'exclut pas le contrôle."