Follow @zhekoo69
Sarkozy et les Gaulois : lettre d'un avocat à Najat Vallaud-Belkacem - Infos Direct News Politique Terrorisme Finance
Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Mickael Zhekoo

Sarkozy et les Gaulois : lettre d'un avocat à Najat Vallaud-Belkacem

Paris, le 20 septembre 2016

Madame la ministre,

Consterné, Madame! Consterné je suis de vous avoir, ce matin, à la télévision, entendue répondre à Nicolas Sarkozy que les Français n'étaient pas tous des Gaulois, qu'il y a des Antillais, des niçois et des populations issues de nos colonisations et que donc cette conception «étriquée» de la France vous paraissait fausse.

Vous êtes la ministre de l'Éducation nationale et vous ne savez pas ce qu'est la France!

C'est une idée, Madame, élaborée par un Etat, laborieusement, pendant plus de 1000 ans pour construire une nation, la nation française qui ne préexistait pas à l'État et c'est ce qui fait de notre pays une exception dans le monde. La France est d'abord un idéal.

À part quelques Arvernes dans notre Massif central, les Gaulois se sont dilués depuis des siècles et Nicolas Sarkozy n'est pas plus gaulois que moi - à moitié antillais (version Salvador et Légitimus) et corse de la même vallée depuis Neandertal, probablement.

Mais nous nous disons l'un et l'autre Gaulois et c'est notre manière, la manière de tous les Français, de crier bien fort que nous sommes français.

Je regrette très vivement que vous ne le soyez pas, gaulois.

Il y a des jours où l'on ne veut plus penser à la France, ni la défendre, ni lire de belles choses sur la France, ni être fier d'elle: on veut être en France. On veut entendre dire en français des mots sans valeur et sans importance. Le facteur est passé, il va pleuvoir demain, on a encore oublié de fermer la grille. Ou n'importe quoi. On veut s'en moquer parfaitement de la France mais être la France, une parcelle de France.

Permettez-moi de vous dédier ce bref texte écrit par ma mère, la «négresse» de la Martinique, exilée aux Amériques, hiver 1942.

Croyez, Madame, à l'expression de ma considération distinguée.

Jean-Pierre Versini-Campinchi