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Publié par Mickael Zhekoo

Rentrée scolaire : le gouvernement sucre 500 euros aux profs qui travaillent plus

Jusqu'à cette rentrée scolaire 2016, les enseignants du secondaire pouvaient toucher une prime de 500 euros à partir de trois heures supplémentaires par semaine. Mais deux jours avant la rentrée de ce jeudi 1er septembre, un décret gouvernemental l'a tout simplement supprimée.

En voilà une bonne nouvelle de fin de vacances ! En cette rentrée scolaire 2016, les professeurs du second degré ont eu la surprise d'apprendre que pendant qu'ils avaient le dos tourné, le gouvernement leur a supprimé en plein coeur de l'été une prime de 500 euros. Un décret en ce sens a été publié ce mardi 30 août, soit deux jours avant que les concernés ne retrouvent les bancs des collèges et lycées.

Mise en place en 2008 dans le contexte du fameux "travailler plus pour gagner plus" de l'ex-président Nicolas Sarkozy, ce coup de pouce financier était versé à tous ceux qui effectuaient au moins 3 "heures supplémentaires années" (HSA), c'est-à-dire plus de trois heures hebdomadaires durant une année scolaire. Un complément de rémunération dont bénéficiaient environ 7 professeurs sur 10, selon l'Education nationale. Pourtant à l'époque, les syndicats s'étaient opposés à cette mesure, vent debout contre l'augmentation du temps de travail au détriment de l'emploi (70.000 postes de l'Education nationale supprimés sous Sarkozy).

"Soit vous prenez les heures sup', soit les élèves se retrouvent sans prof'"

Résultat : lorsque le 12 juillet dernier, un comité interministériel a proposé la suppression de la prime, le Syndicat national de l'enseignement secondaire (SNES-FSU) s'y est montré favorable, espérant en contrepartie une revalorisation substantielle des salaires des enseignants. Mais si une augmentation est bien dans les tuyaux du ministère, prévue pour janvier 2017, elle est considérée par les syndicats comme bien trop modeste après plusieurs années de gel du point d'indice des salaires des professeurs.

De son coté, le Syndicat national des lycées et collèges (SNALC) est totalement opposé à la suppression de la prime qui, dénonce-t-il, va précariser davantage le métier. "C'est n'importe quoi !", lâche à Marianneson vice-président, Jean-Rémi Girard. D'autant plus furieux que, comme il le souligne, "les enseignants apprennent la fin de la prime… longtemps après avoir accepté de faire des HSA cette année".

Des enseignants pris au dépourvu

Si elle juge cette suppression comme une bonne chose pour "mieux partager le travail", Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU, nous concède cependant un problème de méthode : "Pas mise au courant" de la date de publication du décret, elle estime qu'une suppression si soudaine, peu de temps avant la rentrée de septembre, c'est effectivement "un peu tromper les gens".

De fait, les professeurs qui voulaient bénéficier de cette prime ont été pris au dépourvu. Et Jean-Rémi Girard dénonce une forme de "chantage" : "On dit aux enseignants, soit vous prenez des heures supplémentaires, soit les élèves se retrouvent sans prof'. Et rapporte que "des enseignants commencent déjà à refuser des HSA consenties en juin", se sentant floués d'avoir perdu ce petit coup de pouce au pouvoir d'achat. Les plannings des établissements sont donc désorganisés et se profile un risque de pénurie des heures travaillées que le SNES reconnaît également… Reste à trouver des professeurs motivés pour travailler plus… en gagnant moins.

Youness Rhounna

Youness Rhounna