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Et Bruno Le Maire créa le job à 5 euros… - Infos Direct News Politique Terrorisme Finance
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Publié par Mickael Zhekoo

Lorsqu'on parle de modèle social français au candidat LR, il "rigole". Et propose de créer des emplois low cost qu'il appelle "emplois-rebonds".

Le petit nom est plein d'espoirs : les « emplois-rebonds ». Derrière cette appellation se cache un des outils dégainés par Bruno Le Maire, candidat à la primaire des Républicains, dans son contrat présidentiel de 1 012 pages, pour en finir avec le social. Oui, oui, en finir avec le social. « Je le condamne. Je promeus la solidarité », a dit mercredi le germanophile devant l'Association des journalistes de l'information sociale. « Quand on me parle de modèle social à la française, je rigole », a ajouté carrément Bruno Le Maire. Donc les emplois-rebonds, qui ne devraient pas faire rigoler les syndicats de salariés.

Le Républicain défend en quelque sorte l'instauration de mini-jobs à la française, avec un tarif net de 5 euros et 7 euros pour l'employeur, avec un maximum de 20 heures de travail hebdomadaires, soit alors une rémunération de 433 euros net… À titre de comparaison, le smic est de 1 143,72 euros net pour 35 heures hebdomadaires.

Pari

Bruno Le Maire, jamais avare d'exemples recueillis, dit-il, au gré de ses déplacements, nous dresse le portrait d'un possible bénéficiaire : « Pensez-vous qu'une personne avec un problème d'alcool, mal habillée, qui arrive à 9 h 45 au lieu de 8 heures à son entretien d'embauche peut décrocher un contrat rémunéré même au smic ? Non, évidemment. Moi, je propose cela pour lui remettre le pied à l'étrier. » En fait, le dispositif, porté par le secteur privé, viserait particulièrement les personnes au RSA socle, puis celles relevant du régime d'allocation de solidarité unique (ASU), autre proposition de Le Maire, qui vise à fusionner le RSA, la prime d'activité, les allocations logement, l'allocation de solidarité spécifique et les droits ouverts par les villes ou les départements. Au final, l'ASU et les revenus tirés d'un emploi-rebond seraient cumulables.

Les TPE et PME de moins de 100 salariés pourront compter dans leurs rangs jusqu'à 10 % d'emplois-rebonds, et 4 % pour les autres sociétés. Une entreprise ne pourra pas recruter une même personne en contrat-rebond plus d'un an. « Je fais le pari que les entreprises n'abuseront pas du système », veut se convaincre Bruno Le Maire, qui, aujourd'hui, est le seul candidat à la primaire des Républicains à défendre des mini-jobs.

Économies

Cette mesure d'emplois-rebonds qui entrerait en œuvre à l'été 2017, et sonnerait en parallèle la fin des contrats aidés, dont on raffolait ces dernières décennies à droite et à gauche pour circonscrire le chômage, essentiellement portés par le secteur public. Les contrats d'insertion ne concerneraient plus que les travailleurs handicapés éloignés de l'emploi. L'équipe de Bruno Le Maire pense ainsi économiser près de 2,7 milliards d'euros par an. Quant à la mise en place des contrats-rebonds, elle n'aurait pas de coût direct sur les finances publiques.

Selon les prévisions de Bruno Le Maire, 250 000 personnes pourraient bénéficier de ces mini-jobs sous un an. Aujourd'hui, ce sont 350 000 Français (hors personnes handicapées) qui bénéficient de contrats aidés et de contrats d'insertion. Un différentiel de 100 000 personnes, tout de même... « L'idée, c'est de rendre les Français plus fiers de travailler que de toucher des allocations, et pas que de créer de l'emploi. »

PAR BEATRICE PARRINO