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SFR veut boucler son plan de licenciement cette semaine - Infos Direct News Politique Terrorisme Finance
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L'opérateur télécoms veut supprimer un tiers de ses effectifs, soit 5000 postes d'ici la fin 2017. Il cherche à obtenir l'accord des organisations syndicales dans les prochains jours.

Le compte à rebours a commencé pour les salariés de SFR. L'opérateur veut supprimer 5000 emplois, soit environ un tiers de ses effectifs, et veut boucler les négociations avec les syndicats dans les prochains jours. Ce mardi, Myriam El Khomri, la ministre du Travail, a reçu les représentants du personnel, puis la direction de SFR, représentée par son président, Michel Combes, et son directeur général, Michel Paulin. La ministre a affirmé vouloir «veiller au respect du dialogue social» et «au respect des engagements de SFR» relatifs aux emplois.

«C'est une réunion marketing!», fustige un représentant syndical. «Nous rencontrons régulièrement le gouvernement sur ces sujets. Qu'il s'agisse des représentants de Bercy ou du ministère du Travail», mentionne de son côté un porte-parole d'Altice, la maison mère de SFR. Après avoir dévoilé ses plans, la direction veut aller vite. Représentants du personnel et direction négocient d'arrache-pied. Lundi, les réunions se sont terminées à 3 heures du matin.

Premiers départs dès 2016

Ces négociations sont menées alors que les engagements pris lors du rachat de SFR par Numericable en 2014, par son principal actionnaire, Patrick Drahi, courent encore. Il avait promis de préserver l'emploi pendant 36 mois. C'est-à-dire jusqu'à la fin juin 2017. Mais pour que les premiers départs aient lieu dès cette date, il faut commencer les négociations avec les partenaires sociaux très en amont. Il ne s'agirait que de départs volontaires.

En outre, cet engagement ne concerne pas les filiales de distribution du groupe. Les suppressions de postes pourraient donc avoir lieu en deux temps. Quelque 1000 emplois devraient être concernés dans la distribution d'ici à la fin de l'année. La direction souhaite que la nouvelle organisation soit mise en place dans la distribution «avant les fêtes de fin d'année, qui sont une période clé», de sources syndicales.

Ensuite, dès la fin de l'engagement sur l'emploi, c'est-à-dire en juin 2017, les premiers départs volontaires pourraient avoir lieu dans le reste du groupe. «La direction veut faire partir 4000 personnes entre juin et fin 2017, c'est irréaliste», dénonce Sana Iffach, déléguée CFE-CGC, qui s'inquiète pour la pérennité de l'entreprise. «Nous sommes réalistes et pragmatiques. Il y a des doublons dans l'entreprise. Mais avec 5000 suppressions de postes, on parle de licenciements boursiers!» s'emporte Fabrice Pradas, délégué syndical Unsa SFR.

Les services clients les premiers touchés

Pour atteindre ses objectifs, la direction de SFR va se montrer généreuse. Les départs devraient se faire «aux conditions du plan de Vivendi en 2013», 2,5 mois d'indemnité par année de présence. Mais si le groupe n'atteint pas son objectif de ramener ses effectifs à 10.000 personnes en CDI à la fin 2019, il pourrait procéder à des départs contraints. Les syndicats s'inquiètent des conséquences qu'il pourrait y avoir chez les sous-traitants et craignent que certains postes soient externalisés.

De son côté, la direction de l'opérateur justifie la nécessité des suppressions de postes par plusieurs facteurs. En premier lieu, l'historique de SFR-Numericable, «née d'un empilement de sociétés». SFR a notamment racheté Neuf, Cegetel, avant de tomber dans l'escarcelle de Numericable. La direction évoque aussi l'évolution générale du marché. Les opérateurs télécoms sont passés à la «digitalisation» de leur organisation. Davantage d'opérations sont informatisées, automatisées, notamment les interactions avec la clientèle. Les services clients sont les premiers touchés par les suppressions de postes. Patrick Drahi a déjà mentionné à plusieurs reprises que ses engagements sur l'emploi pénalisaient son groupe et ses salariés.

article du figaro