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Publié par Mickael Zhekoo

SFR : la CFDT et l'UNSA signent l'accord de Drahi

La direction et les deux syndicats CFDT et Unsa ont signé un accord jeudi en vue de supprimer de 5.000 emplois, soit un tiers des effectifs, à travers un plan de départs volontaires. La CGT dénonce un passage en force qui porte atteinte au dialogue social.

L'homme d'affaires Patrick Drahi, principal actionnaire d'Altice, la maison-mère de SFR, n'a jamais caché sa volonté de réduire les effectifs, gelés à 15.000 postes lors du rachat en 2014. Initiées sur la question de la branche distribution du groupe, les discussions entre direction et syndicats se sont étendues à l'ensemble de l'opérateur et ont abouti à la signature d'un accord par les deux premiers syndicats de SFR, la CFDT et l'Unsa. Le feu vert de ces syndicats, majoritaires à eux deux, suffit à valider l'accord qui avait été soumis aux organisations syndicales dans la foulée de leur rencontre avec la ministre du Travail Myriam El Khomri, mardi.

La CGT a annoncé qu'elle ne le parapherait pas. Dans un courriel adressé à l'ensemble des salariés, le directeur général du groupe, Michel Paulin, s'est félicité de la signature de l'accord "avec des organisations syndicales représentatives du pôle télécom". Dans un communiqué, la CFDT a précisé signer "aujourd'hui l'accord constitutif d'un +new deal+ pour le pôle télécom de SFR Group", qui "ne cautionne ni le volume, ni les choix de suppressions de postes qui seront faits". "Cela nous paraît aberrant de supprimer un tiers des effectifs", a déclaré Isabelle Lejeune-Tô, de la CFDT. Mais en acceptant de discuter, le syndicat a voulu encadrer les conditions d'accompagnement des départs et permettre aux salariés d'avoir une "meilleure visibilité" sur les emplois concernés.
Toujours selon la CFDT et l'Unsa, le plan de réduction des effectifs va se dérouler en deux phases: la suppression d'un millier d'emploi dans la distributtion d'ici à fin 2016, suivi d'une deuxième vague de juillet 2017 à la fin juin 2019 devrait entraîner 4000 départs supplémentaires. Le groupe doit présenter à la rentrée de septembre ses "orientations stratégiques", ce qui permettra de connaître les métiers concernés par ces départs, selon la déléguée CFDT. Les départs se feront aux conditions d'indemnités et d'accompagnement d'un précédent plan datant de 2013. "Face à une cible initialement affichée de 9.000 salariés restant à terme, nous avons obtenu que le pôle Télécom SFR compte a minima 10.000 salariés jusqu'à mi-2019", a souligné la CFDT.

Pour la CGT en revanche, "ce sont bien des départs forcés qui auront lieu et non des soi-disant départs volontaires comme voudrait le faire croire la direction de SFR pour mieux faire avaler la pilule à l’opinion publique. De plus, cette stratégie menace également près de 3 000 emplois chez les prestataires tels qu’Arvato, Sitel,… dans une période où le nombre de chômeurs atteint des records inégalés dans notre pays." "Preuve en est, poursuit le syndicat, en 2015 alors que le groupe réalise 900 millions de bénéfices, c’est près de 2,5 milliards de dividendes qui sont versés aux actionnaires…. Pour la CGT, il s’agit d’un véritable pillage de l’entreprise au détriment de l’emploi, des conditions de travail des salariés, de la qualité de service rendu aux clients, du développement industriel et de l’investissement dans le réseau et la fibre optique."

Pour le PCF, Drahi doit rendre des comptes. "Une nouvelle fois, la question posée est celle d'une certaine morale, d'une éthique, du respect des engagements pris. De Gattaz à Bolloré, de Ghons à Drahi, la même cupidité et le même cynisme suivi des sempiternels "rappels" du gouvernement sur lesquels le patronat s’essuie les pieds. Le "compromis historique" proposé par Hollande au patronat au cours de ce quinquennat est un gigantesque fiasco. Ça ne va pas mieux. Cela ira mieux quand ça ira bien pour les salariés."