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Migrants : Calais à nouveau au bord de l'explosion - Infos Direct News Politique Terrorisme Finance
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Publié par Mickael Zhekoo

INFOGRAPHIE - Le nombre de clandestins ne cesse d'augmenter dans la «jungle», la police tire la sonnette d'alarme et s'inquiète du risque terroriste.

«Calais, c'est pire que jamais!» Ce cri d'alarme émane d'un officier des CRS à peine rentré de mission. Il fait évidemment référence au camp de la Lande, baptisé la «jungle», où les migrants convergent, chaque jour plus nombreux, dans l'espoir de rejoindre clandestinement l'eldorado anglais depuis Calais.

D'emblée, ce cadre chevronné fait une mise au point: «Ce qui se passe au camp de la Lande est proprement ahurissant. Nos unités y interviennent rarement en profondeur. On encadre des opérations de fermeture de commerces clandestins qui rouvrent à peine la police a-t-elle tourné le dos. Il est impossible de savoir si un djihadiste issu de Belgique, par exemple, s'y cache. En plein état d'urgence, ce campement constitue un angle mort pour la sécurité nationale.»

Un fiché S repéré la semaine dernière

La menace terroriste est pourtant loin d'être fantaisiste. À la frontière entre la France et l'Italie, un «fiché S» a, selon une source policière, été repéré la semaine dernière parmi un groupe d'une dizaine de migrants intercepté. «Détecter les profils à risques demeure une exigence absolue», déclare Pascal Brice, le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), qui assure se rendre une fois par mois à Calais pour prendre le pouls de la situation concernant les possibles réfugiés.

Opaque et explosive, la «jungle»? Une chose est sûre: «On sous-estime le nombre de migrants présents. Ils sont plus proches des 7000 que du comptage officiel de 4500, basé sur le nombre de repas distribués par les associations, car tous ne se manifestent pas auprès des bénévoles. La logistique est, de toute façon, totalement débordée», assure un commandant de CRS. Le délégué zonal du syndicat Unsa-police, Denis Hurth, confirme. Et il prévient: «Avec le risque terroriste qui mobilise les forces mobiles dans les grandes villes, nous ne disposons plus à Calais que de 8 compagnies de CRS et 3 escadrons de gendarmerie mobile, ce qui ne fait même pas un millier d'hommes pour affronter des problèmes d'ordre public absolument dantesques!»

Comme l'avaient prédit les associations, le démantèlement de la partie sud de la «jungle», en mars dernier, a eu comme conséquence la concentration extrême de migrants dans la partie nord. Un effet «cocotte-minute», exacerbé par le flux continu des arrivées, notamment depuis l'Italie.

«Avec le risque terroriste qui mobilise les forces mobiles dans les grandes villes, nous ne disposons plus à Calais que de 8 compagnies de CRS et 3 escadrons de gendarmerie mobile»

Augmentation des agressions et des vols, émergence de la prostitution: tout ce que le gouvernement prétendait combattre n'a fait qu'enfler. Au milieu des rats, les tentes sont redevenues la règle. Dans la nuit du 25 au 26 juillet, un Éthiopien de 37 ans est mort poignardé lors de rixes entre migrants éthiopiens, soudanais, érythréens et afghans. Le 26 mai, des affrontements entre Afghans et Soudanais avaient fait 40 blessés. Les gendarmes tiennent les installations d'Eurotunnel, où un glacis sécuritaire assez efficace a été mis en place. «Les hautes barrières, les caméras, les interventions systématiques se révèlent dissuasives mais, depuis avril, les migrants ont changé de tactique. Ils prennent d'assaut les camions en partance vers l'Angleterre beaucoup plus en amont, directement sur l'autoroute A 16, avec violence», déplore le brigadier Ludovic Haelewyn, du détachement de Saint-Omer.

Un signe de François Hollande attendu

Le ministre de l'Intérieur n'ignore rien de ces désordres. Il recourt, pour l'heure, à la technique des vases communicants. Elle consiste à orienter une partie des migrants vers des centres d'orientation en province. Problème: ceux qui répondent aux critères de l'asile sont une minorité, puisqu'il s'agit principalement d'une immigration économique.

Les places en centres d'orientation vont passer de 2000 à 5000 d'ici à octobre, promettent en chœur Bernard Cazeneuve et sa collègue du Logement, Emmanuelle Cosse. Entre-temps, il faudra tenir. Les habitants concernés ne cachent plus leur colère. Les forces de l'ordre, de leur côté, se concentrent sur les passeurs et les No Border, ces militants qui excitent les migrants et les encadrent pour les aider à franchir la frontière. Mais dès qu'un réseau tombe, un autre le remplace.

L'évacuation de Calais, la vraie, est dans les cartons depuis des mois à Beauvau. Mais le péril terroriste a retardé les opérations, surtout depuis l'attentat de Nice. Tous les regards sont désormais tournés vers l'Élysée, où seul le président François Hollande peut donner un feu vert. Depuis le début de son mandat, il n'est jamais venu ici.