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Lure: commerçants et artisans dénoncent le RSI - Infos Direct News Politique Terrorisme Finance
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Publié par Mickael Zhekoo

C’est un homme en colère qui épluche minutieusement les comptes de sa société, Fermetures françaises 70, installée à Lure. Florin Harbuzaru est exaspéré de toutes ces charges qui tombent. Mais le sujet d’énervement est le Régime social des indépendants (RSI) « En 2015, c’était une année catastrophique. J’ai fait 20.170 € de bénéfices. Je ne me suis pas versé de salaire mais j’ai dû verser 10.906 € au RSI ».

L’entreprise asphyxiée doit se séparer de onze de ses salariés. « Aujourd’hui, nous ne sommes plus que trois. Je travaille dix heures par jour. J’ai resserré les boulons à tous les niveaux ».

Alors qu’il se bat pour se maintenir à flot, il reçoit trois visites d’un huissier qui lui réclame d’abord 5.436 €, puis 4.600 € et enfin 4.661,73 €. C’est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà plein. « Je ne comprends pas pourquoi le montant à payer change tout le temps. Tout cela reste très opaque », s’énerve l’artisan.

Plusieurs de ses courriers pour demander des éclaircissements restent sans réponse. Il se déplace alors à Vesoul à une réunion d’information sur le RSI. Mais on ne le laisse pas expliquer sa situation. « On m’a dit que c’était une rencontre festive ». Il décide alors de rencontrer le Luron, Jean-Claude Brady, président de la caisse franc-comtoise. Mais sort insatisfait de l’entrevue.

Il ne se laisse pas abattre. Il décide de lancer une pétition auprès des commerçants lurons. À sa grande surprise, il découvre qu’il n’est pas le seul à pester contre le RSI. Commerçants et artisans sont unanimes à dire qu’ils ne comprennent pas le rattrapage des prélèvements des années antérieures. Certains souhaitent davantage de transparence. « Quand je demande une réponse claire, on me renvoie à une boîte mail », déplore un commerçant.

Florin Harbuzaru n’en démord pas. Le RSI est « une des causes de fermeture de commerces et d’entreprises ». « Si on ne fait rien, notre ville va mourir ».

Les pétitionnaires envisagent de baisser les rideaux en septembre prochain pour protester contre des taux de cotisations trop élevés (plus de 46 %), des retraites trop faibles… Une journée ville morte à laquelle ils convieront le maire de Lure et les parlementaires hauts-saônois.

À Lure, Florin Harbuzaru a recensé 42 locaux commerciaux vides. Et de soupirer : « Les charges nous tuent ».

Patricia LOUIS pour L Est Républicain