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Publié par Mickael Zhekoo

Les salaires en France sont en recul constant

Selon l’Insee, le revenu salarial annuel diminue dans l’Hexagone depuis 2009. Une baisse qui s’est accélérée en 2013, sans que l’emploi en profite malgré les prétendues vertus de la baisse du « coût du travail ».

L’Insee publiait hier son rapport sur l’emploi, le chômage et les revenus du travail. Une sortie que l’Institut national de la statistique a coordonnée avec celle du bilan annuel Dares Analyses « Emploi, chômage, population active », corédigé par la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail) et l’Insee. Étonnamment, le rapport commence par l’affirmation suivante : « Sur l’ensemble de l’année 2015, l’emploi progresse de + 188 000 ». Une augmentation que l’Insee explique par « le léger redressement du produit intérieur brut (PIB) » ainsi que par « la poursuite de l’enrichissement de la croissance en emploi dû notamment au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et aux mesures prises dans le cadre du pacte de responsabilité et de solidarité (PRS) ».

Des éléments à prendre avec prudence puisque, sans en révéler les chiffres, le rapport de l’Insee dévoile que l’intérim est en forte hausse, montrant que les emplois créés sont précaires.

Privé ou public, le revenu salarial annuel est en chute

Le rapport indique également que c’est le secteur tertiaire marchand qui a vu le plus d’emplois se créer à l’inverse de l’industrie et la construction qui « continuent de détruire des emplois ». Pourtant, ces secteurs ont eux aussi bénéficié des largesses gouvernementales à travers le CICE. Ainsi, en 2014, Air France touchait 66 millions d’euros à travers ce dispositif. Alstom en touchait 11, PSA recevait 66,1 millions et Renault 36.Parmi ces créations d’emplois, on apprend aussi que 47 000 d’entre eux dans le secteur tertiaire non marchand ont partie liée au développement des contrats aidés (emploi d’avenir, contrat unique d’insertion, contrat d’accompagnement à l’emploi) et à l’augmentation du service civique, soit des emplois précaires pour lesquels le patronat bénéficie d’aides financières substantielles du gouvernement (jusqu’à 95 % du Smic brut pour les embauches en CUI-CAE assorties d’exonérations de cotisations sociales pour l’ensemble des heures rémunérées). Le rapport indique également que le chômage « se stabilise en moyenne annuelle » à 10 % de la population active pour 2015 contre 9,9 % en 2014. Par contre, le taux de chômage des 15-24 ans reste élevé et augmente pour atteindre 24 %, et ce alors même qu’ils constituent le public pour lequel les contrats d’avenir et les services civiques sont prévus. Le signe que retarder l’accès des jeunes au droit commun du travail ne favorise pas pour autant leur embauche.

Quant aux salaires, ils sont en recul en euros constants dans le secteur privé pour la deuxième année consécutive (chiffres de 2013), avec un salaire net moyen de 2 200 euros en équivalent temps plein, soit – 0,3 % sur un an. Cette baisse est particulièrement sensible dans les services (– 0,7 %) et dans le commerce (– 0,5 %), écrit l’Insee, contrairement à l’industrie (+ 0,4 %) et à la construction (+ 0,5 %). Dans la fonction publique, la diminution est encore plus prononcée entre 2010 et 2013, due notamment au gel du point d’indice, avec – 0,7 % pour le salaire net moyen d’un fonctionnaire d’État, – 0,2 % pour un hospitalier et – 0,1 % pour un territorial. Au total, tous secteurs confondus, le revenu salarial annuel continue sa chute constatée en France depuis 2009, et celle-ci s’est même accélérée, avec – 0,4 % en 2013 après – 0,3 % par an entre 2009 et 2012. Le rapport fait également état d’une baisse des revenus moyens d’activité des non-salariés : – 1,5 % en 2012 et – 2,6 % en 2013.

Enfin, l’Insee étudie les évolutions annuelles du revenu salarial, analysant que celui-ci « suit en moyenne le cycle de la vie professionnelle et qu’à 45 ans, il est en moyenne 4 fois plus élevé qu’à 25 ans ». Sauf que, pour environ 90 % des travailleurs les moins rémunérés, l’évolution est « en réalité beaucoup plus faible » tandis que, pour 10 % des salariés touchant déjà une paye conséquente, la progression est beaucoup plus forte (jusqu’à 11,9 fois pour les 1 % des salariés les mieux rémunérés). Là aussi, ce sont les jeunes, mais aussi les femmes, qui sont le plus exposés au « risque salarial », c’est-à-dire à la variabilité des revenus d’une année sur l’autre. Pour ces dernières, lorsque leurs revenus sont bas, ces différences résultent d’écarts de temps de travail. Alors qu’aux rangs intermédiaires et supérieurs de l’échelle, même en travaillant à temps plein, les femmes ont « des évolutions de salaire horaire et donc de revenu salarial moins favorables en moyenne et plus incertaines que les hommes ».

la langue peu liée à l’emploi

Une partie du rapport de l’Insee dévoilé hier étudie les liens entre la maîtrise de la langue française et l’emploi des immigrés. Outre le fait que l’on peut se demander pourquoi ce type d’étude intervient maintenant et sur ce seul questionnement, il apparaît que la participation actuelle au marché du travail est peu liée à la maîtrise du français pour les hommes mais le semble davantage pour les femmes. De plus, 60 % des immigrés venant du Maghreb ou d’autres pays d’Afrique parlent bien ou très bien le français, contre seulement 15 % des immigrés venant d’Espagne, d’Italie ou du Portugal.