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Publié par Mickael Zhekoo

Le General Didier Tauzin

Didier Tauzin, né le 24 septembre 1950 à Dakar, est général de division de l’armée de terre française. Ancien commandant du 1er Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine, il est également le fondateur des Établissement Publics d’Insertion de la Défense (ÉPIDe). Il envisage désormais de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2017.

  • 1 Biographie
    • 1.1 Famille
    • 1.2 Études et formation
    • 1.3 Carrière militaire
    • 1.4 Une retraite active
    • 1.5 Engagement politique
  • 2 Décorations
  • 3 Ouvrages

1 Biographie

Famille

Son père, Raoul Tauzin, est commis de ferme à 14 ans. Il s’engage comme soldat en 1939, à 20 ans. Fait prisonnier, il s’évade et rejoint le général de Gaulle à Londres. Parachutiste SAS de la France Libre, il termine la guerre à Stuttgart. Après l’armistice, il s’engage pour l’Indochine ; prisonnier à l’issue de la bataille de Dien Bien Phu, il est emprisonné dans des camps viets. Il participe enfin à la guerre d’Algérie sur les confins marocains. Il termine sa carrière militaire avec le grade de chef de bataillon. Retraité, il rachète à Soyaux (Charente) une entreprise en faillite, l’Union électrique industrielle et rurale, qu’il parvient à faire prospérer. En 1979, il est élu conseiller général sans étiquette dans le canton d’Aubeterre-sur-Dronne (Charente), puis vice-président du conseil général de la Charente. Il meurt en 1995.

Sa mère, Jane Renaudin, est fille d’une famille de petits propriétaires terriens de Salertennes (Vendée) qui ont déménagé à Bellon (Charente) à la fin des années 1920 pour y acquérir une propriété agricole plus importante susceptible de nourrir la famille. Jane fait la connaissance de son futur mari par correspondance, comme « marraine de guerre » alors qu’il est en Indochine. Ils se marient le 1er janvier 1949 à Bellon.

Didier Tauzin est marié à Brigitte Louis, née à Aubeterre sur Dronne. Fille d’un instituteur issu d’une famille de paysans de Laprade, à quelques centaines de mètres au nord d’Aubeterre, et d’une fille d’une très ancienne famille de paysans d’Aubeterre, elle est elle-même insitutrice et directrice d’école primaire en retraite. Elle a exercé sa profession dans le canton de Chalais.

Il est père de deux enfants adoptés.

Études et formation

Didier Tauzin fréquente l’école communale d’Aubeterre-sur-Dronne, en Charente. Ensuite, il continue sa scolarité au Maroc, où son père est affecté en 1956-1957, de nouveau à Aubeterre-sur-Dronne, puis à Bouar (Centrafrique), en 1960-1962. Il revient à l’école d’Aubeterre en 1962 et prépare le concours d’entrée au Prytanée national militaire de La Flèche (Sarthe). Il y passera huit ans, et quitte le Prytanée pour entrer à Saint Cyr en 1971.

Saint Cyrien de la promotion Capitaine Danjou (1971-1973) ; il sort classé 10e sur 220 élèves officiers. Diplômé de l’École de Guerre (promotion 1986-1988), il est aussi ancien auditeur du CHEM[4] (Centre des hautes études militaires), également appelé l’« école des généraux », et de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale). Il est titulaire d’un DESS[4] de l’Institut d’administration des entreprises de Poitiers.

Carrière militaire

En 36 années de vie militaire, dont 31 en postes de responsabilités, il effectue une vingtaine d’opérations extérieures, la plupart « opérations spéciales » (libération d’otages, assistance opérationnelle à armée étrangère en difficulté, etc.) sur la presque totalité des théâtres d’opération des années 1975 à 1996.

Outre les opérations extérieures, il occupe des fonctions très variées : chef de bureau d’études et prospective, responsable de formation des officiers, administration territoriale. Il conçoit et met en place la stratégie d’influence de l’armée de terre en région sud-ouest.

Il est à la tête, de 1992 à 1994, du commandement du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine, qui est un régiment de forces spéciales installé à Bayonne. Après avoir pris part au conflit au Rwanda, il est accusé, avec ses hommes, de la responsabilité du génocide. Il s’en défend dans ses livres Rwanda : je demande justice pour la France et ses soldats et La Haine à nos trousses de Kigali à Paris.

De 2004 à 2005, il commande le service militaire adapté, service d’insertion sociale et économique de jeunes ultramarins défavorisés : huit régiments répartis dans tous les départements et territoires d’Outre Mer, 3500 garçons et filles par an.

De 2005 à 2006, à la demande de Michèle Alliot-Marie, il conçoit, puis crée l’Établissement Public d’Insertion de la Défense (ÉPIDe), qui est un service d’insertion de jeunes Français métropolitains défavorisés, à partir de son expérience du service militaire adapté (SMA). Il propose d’impliquer le plus grand nombre possible de Français dans cette œuvre, qui est selon lui politique au sens le plus fort du terme, et pour cela de fonder le développement de l’EPIDe sur un partenariat très large entre l’Etat, maître d’oeuvre, les collectivités territoriales, les associations, les entreprises et syndicats. Cette proposition n’est pas retenue par les services du ministre et le directeur général nommé.

Il quitte alors l’armée.

Une retraite active

Il enseigne d’abord à l’université de Sceaux l’éthique comportementale du cadre, la prise de décision et l’éthique dans les relations internationales, dans le mastère de diplomatie dirigé par Sélim el-Sayegh. Il prononce de nombreuses conférences, essentiellement sur la guerre du Rwanda, la situation internationale et l’Afrique, et participe à des colloques, notamment à l’université de Kaslik, au Liban.

Il conçoit, avec son épouse, un projet d’école financièrement autonome au Sénégal. Ce projet est concrétisé à Sédhiou, en Casamance. Pour le mettre en oeuvre, Didier Tauzin crée, en France, une association (les Compagnons bâtisseurs d’espoir) et une entreprise commerciale (CBE Eco), aujourd’hui fermée. Il crée également, au Sénégal, une association, une exploitation agricole (banane, produits maraîchers) et une école. Celle-ci compte désormais une trentaine d’élèves.

Engagement politique

Intéressé à la politique depuis l’âge de 25 ans, il étudie, en autodidacte, beaucoup de doctrines politiques : il lit Karl Marx, Antonio Gramsci, Jacques-Bénigne Bossuet, Charles Maurras, Le Petit Livre rouge de Mao Zedong, Le Livre vert de Mouammar Kadhafi, la plupart des textes relatifs à la doctrine sociale de l’Église, les Mémoires de Charles de Gaulle, comme Le Coup d’État permanent de François Mitterrand.

À plusieurs reprises au cours de sa vie professionnelle, il lui est proposé d’entrer en politique. Il refuse toujours, au motif qu’il devrait alors s’inscrire à un parti.

Participant, en 2012 et 2013, aux manifestations contre le mariage pour tous, il n’accepte pas de s’entendre traiter de fasciste par Manuel Valls et craint une dérive sécuritaire anti-démocratique.

Il décide d’agir en politique et publie, en janvier 2015, Rebâtir la France. Ses propositions parlent de la nécessité de « refonder la politique comme service de l’homme et du citoyen », base sur laquelle l’économie, l’enseignement, la médecine et toute activité humaine seront progressivement replacées au service de l’homme et du citoyen. Il déclare dans un entretien en 2015 : « Mais ces 20 prochaines années seront aussi des années de crise intérieure car les tenants de la société qui disparaît ne voudront pas laisser la place. Nous courons de gros risques ; c’est cela qui m’a décidé à m’engager, avec la certitude que le combat est gagné, certes, mais avec le désir profond qu’il le soit au moindre coût humain. J’ai vécu quatre guerres civiles sur le terrain, et je n’accepte pas de rester à ne rien faire quand la France risque de sombrer dans ce genre d’épreuve, même si, je le répète, l’issue ne fait pour moi aucun doute : la France vivra ».

À plusieurs reprises, il laisse entendre qu’il pourrait se présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Il publie, en février 2016, un nouveau livre : Rebâtir la France. Le projet présidentiel. Dans ce livre, il milite d’abord pour la responsabilisation de chaque citoyen avec notamment l’instauration d’une démocratie plus directe, notamment au moyen du référendum d’initiative populaire, et la création d’un « chèque-politique » d’un montant modique ; remis à chaque électeur avant toute élection, ce « chèque-politique » sera ensuite donné par ce dernier au candidat de son choix, que celui-ci soit membre d’un parti ou non.

Il milite aussi pour une réforme de l’État, celui-ci devant prioritairement se concentrer sur ses missions régaliennes (sécurité intérieure et extérieure, justice, affaires étrangères, monnaie). Il prône une politique libératrice des initiatives personnelles et collectives des Français dans tous les autres domaines, sauf dans les domaines qui ont un intérêt national majeur, dans lesquels l’Etat doit jouer un rôle stratégique de pilote et de fédérateur d’énergies. Mais, assure-t-il, rien ne sera possible sans la revitalisation de notre économie par sa libération et par la réduction volontariste et drastique de la dette et de la dépense publique.

En février 2016, il déplore l’arrestation du général Christian Piquemal, qui participait à Calais à une manifestation contre l’« islamisation » de l’Europe, déclarant qu’« en France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui tentent de l’éteindre ».

2 Décorations

Officier de la Légion d’honneur

Commandeur de l’Ordre national du Mérite

Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques

Croix de la Valeur militaire

3 Ouvrages

  • Rwanda, je demande Justice pour la France et ses soldats : le chef de l’opération Chimère témoigne, Paris, Jacob-Duvernet,‎ 2011, 224 p. (OCLC 762787313)
  • La haine à nos trousses de Kigali à Paris : témoignage, Aix-en-Provence, Éditions Persée,‎ 2012, 231 p. (OCLC 884269363)
  • Rebâtir la France, Paris, Mareuil,‎ 2015, 103 p. (OCLC 900410437)
  • Rebâtir la France, Le projet présidentiel Paris, Mareuil, 2016, 128 p.