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Publié par Mickael Zhekoo

Clint Eastwood préfère Trump à Clinton et fustige la «génération mauviette»

L'acteur et réalisateur, républicain convaincu, n'a pas mâché ses mots à l'occasion d'un entretien pour le magazine «Esquire».

  • Clint Eastwood préfère Trump à Clinton et fustige la «génération mauviette»

Clint Eastwood, 86 ans, ne semble pas près de prendre sa retraite. Ni prêt à mettre de l’eau dans son vin. A l’occasion d’un entretien croisé pour le magazine Esquire avec son fils Scott (à l’affiche du décevant Suicide Squad), l’interprète de l’inspecteur Harry, républicain convaincu, ne s’est pas fait prier pour dire tout le mal qu’il pense du climat sociopolitique actuel outre-Atlantique, vitupérant tel son personnage de vieux grincheux dans Gran Torino contre la «génération mauviette» («pussy generation»).

«Marre de faire de la lèche»

«[Donald Trump] tient quelque chose, car en secret tout le monde commence à en avoir marre du politiquement correct, de faire de la lèche. On est en pleine génération lèche-cul, maintenant. On est vraiment dans la génération mauviette. Tout le monde marche sur des œufs. On voit des gens en traiter d’autres de racistes et tout ça. Quand j’étais petit, on n’appelait pas ces choses du racisme», déclare-t-il ainsi. On imagine la tête embarrassée du fiston trentenaire à côté – il quitte d’ailleurs l’entretien avant la fin pour aller a priori à l’avant-première d’un film avec l’ex-catcheur Dwayne «The Rock» Johnson.

En ce qui concerne le candidat milliardaire républicain habitué aux dérapages, le réalisateur d’Impitoyable ne la joue ni adorateur béat, ni détracteur acharné : «Trump dit ce qui lui passe par la tête. Et parfois, ce n’est pas bon. Parfois… Je veux dire, je peux comprendre d’où il parle, mais je ne suis pas toujours d’accord avec lui. […] Je n’ai soutenu aucune candidature, je n’ai parlé ni à Trump ni aux autres».

Revenant sur les propos déplacés de Trump vis-à-vis d’un juge d’origine mexicaine, Eastwood reconnaît qu’il s’agit de paroles «bêtes» et que Trump en a d’ailleurs sorti beaucoup, mais «tous les autres aussi». Néanmoins, il appelle la presse à «passer à autre chose, putain» («just fucking get over it»). Le réalisateur ne rate pas l’occasion de critiquer durement à nouveau Obama, tout en admettant que sa gênante prestation en 2012 à la convention républicaine (il avait parlé à une chaise vide censée représenter le président américain) était «idiote».

Trump plutôt qu’Hillary dans les pas d’Obama

C’est d’ailleurs par rejet de la politique d’Obama qu’il préférera Trump à Clinton lors de la prochaine élection présidentielle : «Dur choix, pas vrai ? Il faudra que je vote Trump, parce qu’[Hillary Clinton] a dit qu’elle suivra les pas d’Obama. Il y a juste eu trop d’embrouilles d’un bord politique comme de l’autre. Elle s’est fait beaucoup de fric en étant femme politique. Moi j’ai tourné le dos au fric pour être un homme politique [il a été maire de la ville californienne de Carmel entre 1986 et 1988, ndlr]. Je suis sûr que Ronald Reagan a fait pareil pour devenir un homme politique.»

On ne sait si le journaliste d’Esquire a coupé certains propos d’Eastwood permettant de trouver un brin de logique entre ses raisonnements ou si les années commencent à faire leur effet sur l’un des plus grands acteurs et cinéastes contemporains. Début septembre aux Etats-Unis (et le 30 novembre en France), l’ancien «homme sans nom» des westerns spaghetti de Sergio Leone sortira son 35e film en tant que réalisateur : le biopic Sully, avec Tom Hanks dans le rôle du pilote qui avait atterri sans dommage son avion avec 155 passagers sur le fleuve Hudson, à New York. En voici la bande-annonce :

article Alexandre Hervaud pour Liberation